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Le vent se lève de Miyazaki

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Jiro a un rêve : voler. Mais il a un problème : sa mauvaise vue. Ce handicap va l'empêcher d'être exaucé et de devenir pilote. Alors il dessine de magnifiques avions. Jeune adulte, il fait des études d'ingénieur et devient vite le meilleur des concepteurs du Japon de la fin des années 20. En toile de fond, les événements historiques qui ont marqué le Japon de l'époque : le tremblement de terre de 1923, l'épidémie de tuberculose et évidemment la seconde guerre mondiale. Sans le vouloir, Jiro va contribuer à l’essor de l'aviation japonaise responsable de Pearl Harbor. Un très belle histoire magnifiée par la poésie et "le coup de patte" de Miyazaki dont on a adoré "le voyage de Chihiro" ou "Princesse Mononoké" entre autres. Ce film d'animation n'est forcément pas destiné aux plus petits car il y a beaucoup de subtilités qui pourraient leur échapper.  C'est aussi une histoire d'amour et d'amitié. Comme dirait Michel ...

Philomena de Stephen Frears

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Le nouveau Stephen Frears est arrivé ! Alors que "The Magdalene Sisters" racontait l'histoire des filles "perdues" placées dans des couvents irlandais pour expier leurs pêchés, "Philomena" en est presque la suite logique. Une femme vieillissante qui a passé sa jeunesse dans un couvent irlandais décide, le jour des 50 ans de son fils, de partir à sa recherche. Son fils lui a été enlevé à sa naissance pour être placé dans une famille. Mais où se trouve t-il ? qu'est-il devenu ? Avec l'aide d'un journaliste au chômage, Philomena part à la rencontre de son passé, de ses blessures et de la vérité. Philomena c'est Judi Dench. Grave, sensible, émouvante, drôle malgré elle dans sa simplicité, elle incarne le personnage avec un talent prodigieux. De tous les plans, de tous les gros plans, elle porte cette histoire à tel point qu'on pourrait croire que c'est son histoire. Confrontée au mutisme des uns et des autres, au mensonge généralisé...

Stoker - le spectre d'Hitchcock

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Après le décès de son père dans des circonstances inexpliquées, India, jeune adolescente, voit un oncle dont elle n'a jamais entendu parler, venir s'installer dans le manoir familial. Rapidement, India va soupçonner que son présumé oncle cache ses intentions, celui-ci va exercer une réelle fascination sur la mère et la fille. Dès le début du film, on sent l'hommage à Hitchcock. Aux commandes, Park Chan-Wook réalise un thriller sophistiqué, où tous les plans sont esthétisés pour nous emmener dans une ambiance envoûtante voire oppressante. La relation ambiguë entre l'oncle et la mère, d'une part et l'oncle et la fille d'autre part, devient très vite sulfureuse et teintée d'un érotisme déviant. Je ne suis pas un spécialiste de la technique cinématographique, mais il faut souligner le travail d'orfèvre réalisé au niveau du montage qui est une des clés de réussite du film. Les qualités plastiques en sont d'autant plus sublimées que le trio...

Mud- sur les rives du Mississipi

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DeWitt, petite ville de l’Arkansas, sur les rives du Mississipi. Ici vivent des familles relativement pauvres, gagnant péniblement leur vie grâce à la pêche et aux rapines. Ellis et Neckbone, deux ados de 14 ans, font voir surgir dans leur quotidien faits d’escapades, un fugitif réfugié sur une île au milieu du fleuve.  C’est Mud. Un serpent tatoué sur le bras, une chemise porte-bonheur qu’il porte comme un étendard. Mud a tué. Il est amoureux. Ellis croit aussi en l’amour. Il va aider Mud. Présenté au festival de Cannes 2012 et bizarrement reparti bredouille, il s’agit d’une plongée au cœur de l’Amérique profonde, où la vie est dure. Il ne s’agit pas d’un film policier mais bien une histoire sur les rapports humains, sur l’enfance, sur la générosité, sur les sentiments, sur la trahison.  En toile de fond, le chaud soleil du sud des Etats Unis, l’ambiance du bayou, les plans larges du Mississipi, c’est moite, ça vous colle à la peau. On pense évidemment à «...

Camille Claudel 1915

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Fin 1915, à l’asile de Mondevergues dans le Vaucluse, Camille Claudel vit depuis deux années le quotidien d’un asile d’aliénés, seule au milieu des handicapés mentaux parmi lesquels elle se sent étrangère.  Enfermée par sa famille, à la suite de sa rupture avec Rodin, elle est confrontée au désespoir et  à l’injustice. Son seul salut : la visite annoncée de son frère Paul  à qui elle va demander la liberté et le retour à la vie de famille, chez sa mère.  Seulement, Paul Claudel est persuadé que sa sœur a pêché par orgueil et qu’elle doit expier ses fautes. Sombrant dans un délire mystique, Paul Claudel laissera sa sœur croupir pendant 30 ans dans cet asile où elle décédera, sans doute de faim, en 1943. Le réalisateur  Bruno Dumont nous permet de retrouver Camille Claudel là où Bruno Nuytten l’avait laissée dans son film de 1988. On oublie vite les singeries d’Isabelle Adjani qui devait penser que jouer la folie , c’est pousser des cris hystériques...

tu honoreras ta mère et ta mère... vive la Grèce !

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Jo est une mère très possessive. Elle aime beaucoup ses quatre fils, un peu trop peut-être.  Chaque été, elle essaye de réunir sa (grande) famille, fils, brus, petits-enfants, grand-mère, sur une île des Cyclades pour imposer sa loi, faire des caprices.  Chaque été, elle fait renaître un festival qu’elle a créé qui fait la part belle à la mythologie grecque. Bien sûr, elle impose à son petit monde d’en être les acteurs. Mais voilà, en Grèce, c’est la crise. Plus d’argent, plus de festival. Et comme si cela ne suffisait pas, plus de maison pour accueillir la famille.  Les fils se rebellent contre la mère, rien ne se passe comme prévu et le comble, le petit fils séduit une jeune fille grecque. C’est le scandale et peut-être la fin d’une époque… D’entrée, c’est un grand rayon de soleil qui inonde l’écran. En ces périodes de grisaille, c’est un immense bonheur de plonger au cœur des eaux turquoises de la mer Egée. L’action se déroule à Milos et aussitô...

Wadjda : lumière de l'Orient.

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Wadjda est une fillette de douze ans qui porte Converse et écoute du rock.   Elle rêve d’avoir un super vélo pour faire la course avec son copain Abdallah.  Jusque-là rien d’anormal.  Sauf que Wadjda habite avec  sa mère, la banlieue de Riyad, en Arabie Saoudite et là-bas ça ne rigole pas. Les  Converse sont considérés comme des « écrase-merde », le rock est banni et le vélo pour les filles totalement proscrit, il parait que ça pourrait porter atteinte à leur vertu. Wadjda s’en fout, elle a décidé de l’avoir son vélo et pour cela, elle va économiser pièces par pièces, billets par billets, utiliser tous les subterfuges et même participer à un concours de récitation de versets coraniques. Mais rien n’est simple… Haifaa Al Mansour est la première femme cinéaste saoudienne à tourner un film dans son pays. Saluons ce courage et ce film lumineux, plus subversif qu’il n’y parait.  Une histoire simple, claire qui dénonce la place faite aux...

Hitchcock : les coulisses d'un tournage culte

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Nous sommes à Hollywood, en 1959. Alfred Hitchcock, alors en pleine gloire - il vient de triompher avec « la main au collet » - décide d’adapter un roman d’horreur « Psychose ».  Il veut surtout prouver qu’à 60 ans passés, il peut encore surprendre. Problème : aucun studio ne veut financer le projet jugé trop risqué. Qu’à cela ne tienne. Alfred décide de produire aidé par son épouse et conseillère. Ils vont devoir hypothéquer leur maison.  Le tournage peut donc commencer. Il sera émaillé de beaucoup d’incidents et surtout par la relation tumultueuse d’Hitchcock avec son épouse Alma Réville dont il est très jaloux. Le film sera finalement un immense triomphe et sans doute son plus grand film. Il faut voir le grand Anthony Hopkins, tout en prothèses, cabotiner et en faire des tonnes dans le rôle du maître du suspense. Il est tout simplement fantastique.  Tout comme dans les films d’Hitchcock, ce biopic comporte ses moments d’antholog...

César 2013 - actrice dans un second rôle - Huppert ou Scob ?

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Aujourd’hui c’est au tour du César de la meilleure actrice dans un second rôle. Encore une fois 5 nominées pour 4 films. Judith Chemla et Yolande Moreau sont nommés pour « Camille redouble », Valérie Benguigui pour « le prénom », Isabelle Huppert pour « Amour » et enfin Edith Scob pour « Holy Motors ». Deux des prétendantes ont déjà reçu des César : Isabelle Huppert, 14 fois nominée (excusez du peu !) a été césarisée meilleure actrice pour « La cérémonie » de Chabrol en  1996. Yolande Moreau a été deux fois gagnante du césar de la meilleure actrice : en 2005 pour « quand la mer monte » et en 2009 pour le très beau « Séraphine ». J’exclue d’emblée Judith Chemla, sans remettre en cause son talent dans le film de Noelle Lvovsky, elle va forcément souffrir de la concurrence d’actrices un peu plus « capées » qu’elle. Valérie Benguigui est vraiment truculente dans le rôle de Ba...

César 2013 - acteur dans un second rôle

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Je délaisse momentanément la publication de mes textes pour m’intéresser à l’actualité cinématographique de ce début d’année. C’est bien évidemment les César dont les nominations ont été révélées il y a juste une semaine. Cette année, la cérémonie se déroulera le vendredi 22 février et sera bizarrement présidée par Jamel Debbouze dont on ne peut pas dire que la carrière cinématographique soit un modèle du genre. En tant que cinéphile averti (oui, oui ...) et fidèle spectateur de cette cérémonie dont ce sera la 38 ème édition, je vous propose une revue d'effectif pour les catégories majeures auxquelles j'attribuerai mes propres César, tout en pronostiquant qui  pourrait être le lauréat désigné par les membres de l’Académie des Arts du Cinéma. Intéressons-nous aujourd’hui au César du meilleur acteur dans un second rôle . 5 acteurs sont nommés pour 4 films !  « Camille redouble » rafle deux nominations avec Samir Guesmi et Michel Vuillemoz, Gui...

Renoir : son plus mauvais tableau

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Il y avait pourtant une belle affiche (Bouquet en Renoir, cela a de la gueule !), le propos était pourtant alléchant : la fin de vie du célèbre peintre, sa rencontre avec celle qui allait devenir sa muse et inspirer la carrière cinématographique de son fils Jean.  On pensait au Van Gogh de Pialat. Hélas, n’est pas Pialat qui veut.  Gilles Bourdos,  dont c’est le quatrième film,  nous convie à suivre Pierre Auguste Renoir en 1915 en Provence dans sa propriété (magnifique) et assister à un long plan séquence (près de deux heures) de scènes bucoliques assez bien filmées. Mais c’est tout ! Et c’est long, trop long. Cela traîne, on s’ennuie très vite malgré la performance de Michel Bouquet qui porte le film à bout de bras. C’est linéaire, prévisible (on voit un peintre peindre des nus) il manque  la flamboyance des tableaux de Renoir, bref c’est très convenu. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le réalisateur n’a pas eu la main heu...

Ernest et Célestine : le droit à la différence

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En général, je ne suis pas friand des dessins animés. Surtout lorsqu'il s'agit de productions américaines ; bien souvent on mélange les genres et finalement on assiste à quelque chose de très racoleur et finalement pas vraiment destiné aux enfants. Pour "Ernest et Célestine", il s'agit d'une production française, coproduite en partie par France 3 et mise en dialogues par Daniel Pennac. Une histoire très banale et totalement improbable, comme dans tous les dessins animés ; l'amitié entre un bon gros ours et une toute petite souris. Et puis voilà, cela fonctionne. D'abord il faut souligner la qualité remarquable des pastels utilisés, c'est simple mais d'une très grande beauté. L'histoire en elle-même commence de façon un peu effrayante avec le personnage de la vieille surveillante de dortoir qui terrorise à dessein les petites souris mais les personnages deviennent très vite attachants. Evidemment, le bon gros ours, un peu voleur et trafi...