L'objet du délit
Le film débute par le casting des rôles principaux de l’opéra « Les
noces de Figaro » qui sera produit et représenté dans le sud de la
France.
On voit se côtoyer les artistes, certains débutants, d’autres
accomplis et un peu « cabots », le chef d’orchestre, les techniciens,
la metteuse en scène, mannequin connu et débutante également dans ce
registre, les producteurs, le mécène qui a fait embaucher sa fille qui
ne chante pas très bien. Tout ce petit monde va essayer de faire de son
mieux, jusqu’au moment où une agression sexuelle éclate, mettant en
péril la production et forçant à chacun à prendre position.
La
question est posée : agression sexuelle ou pas. D’un côté, les
féministes et syndicalistes qui accusent avec hystérie en partant du
principe qu’elles ont raison. De l’autre côté, celles et ceux qui
relativisent et assènent qu’il faut sauver le spectacle. Et aussi, ceux
qui ont eu par le passé « quelques gestes » et qui redoutent le scandale
en public.
On retrouve bien la patte d’Agnès Jaoui dans le
scénario et les dialogues de ces conflits de génération et d’opinion.
C’est MeToo au pays de Mozart, sachant que les Noces de Figaro aborde le
droit de cuissage, le choix de Jaoui n’est pas anodin. La réalisatrice
ne prend pas partie, elle laisse ses personnages se débrouiller avec
leur conscience et l’ambiguïté des situations.
Une mention pour
Daniel Auteuil, maestro totalement angoissé à l’idée d’être démasqué,
pour Eye Haidara (le sens de la fête) parfaite en défenseuse des
victimes et surtout Claire Chust (scènes de ménage), totalement perchée
et perdue en tant que metteuse en scène qui s’excuse sans arrêt mais qui
va trouver le courage de faire face.
Le film est dédié à Jean-Pierre Bacri.
17,50




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